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davidetceline

Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 20:27



Message du 29/05/08 à 20h00
De : SIMON Yves <yvesimon@club-internet.fr>
A : GENZEL David <davidgenzel@voila.fr>

 

David,

Je constate que tu as été, tout comme moi, un fervent admirateur de Myriam.
Sache que je l'ai bien connue et que son nom de famille est Szabo (comme le
Lazlo du même nom dans les films de Godard). J'ai découvert la campagne de
pub de l'agence Avenir sur un panneau de l'avenue du Président Kennedy,  me
rendant à France-Inter pour une émission. Scotché et surpris par la première
affiche (demain j'enlève le haut), j'ai eu un petit accident de voiture
n'ayant pas vu que celle qui me précédait venait de s'arrêter. Je n'ai pas
du être le seul dans ce cas, surtout lorsque la deuxième affiche est apparue
dans la jungle parisienne avec une Myriam aux seins nus.
J'ai mis deux jours pour trouver les coordonnées du beau mannequin qui
enthousiasmait tant Paris, et nous nous sommes vus le soir même. Elle m'a
emmené chez elle et là, surprise: dans un studio quasiment vide, il y avait
un matelas à même le sol, des bâtons d'encens sur une chaise, une lampe de
chevet et quelques livres empilés par terre. Comme si elle voulait me faire
passer le message subliminal que le sexe n'était pas son affaire du moment,
elle m'avoua qu'elle était bouddhiste. Bouddhiste fervente...
Pour la petite histoire, elle me raconta encore que c'est une autre fille
qu'avait choisie Jonvelle et que, celle-ci se décommandant au dernier
moment, c'est Myriam, en numéro deux sur la liste du photographe, qui fit la
fameuse campagne publicitaire.
Le lendemain de ma première visite chez elle, je pensai un peu triste: No
sex last night.
Par la suite, nous avons dîné plusieurs fois ensemble, elle m'exhiba les
nombreuses propositions de films qu'elle recevait de France et du monde
entier, les refusa toutes: seul le bouddhisme demeurait sa préoccupation
première. Plutôt que de s'adonner au cinéma ou continuer une vie de
mannequin aisée, elle alla séjourner longuement dans plusieurs ashrams du
sud de la France puis, à son retour, elle quitta Paris pour le Portugal où
elle se maria un an plus tard.
Trois ans passèrent, je l'avais presque oubliée, lorsqu'un soir je reçois un
coup de fil de la Belle (Dieu merci je n'avais pas changé de numéro). "Je
viens d'arriver à Paris, je n'ai pas envie de dormir chez ma mère, est-ce
que je peux dormir chez toi?" Fébrilement je l'attendis, la nuit était
tombée, elle frappa : trois petits toc toc à la porte de mon appartement.
Anxieux, j'ouvre, me demandant à quelle sauce j'allais être torturé ce
soir-là. Myriam était là, souriante, comme si nous venions de nous quitter
la veille, égale à elle même, belle et fraîche. Et comme si nous avions été
d'anciens amants, c'est elle qui fit, avec le plus grand naturel, le premier
pas en se glissant dans mes bras. Pour la première fois nous nous
embrassions vraiment et c'est avec le même naturel que nous nous rendîmes
dans ma chambre. Pressés, nous étions pressés comme s'il fallait réparer sur
le champ l'échec de nos premières rencontres. Il faut être parfois très
patient dans la vie, n'est-ce pas... Ce soir-là, Myriam passa sa première et
dernière nuit chez moi. Une unique nuit, douce, tendre et sensuelle. En
guise de souvenir elle me laissa le lendemain matin sa fiche-mannequin de
l'agence Mademoiselle où elle travaillait trois années plus tôt. Je l'ai
gardée et, pour t'émouvoir, t'en donne un extrait:
Hauteur 1,73, poitrine 88, taille 62, hanches 90, cheveux bruns, yeux bruns,
confection 38, chaussures 40. Sibyllin comme une fiche anthropométrique!
toutefois encadrée par quatre photos de Jonvelle.
Sache encore qu'elle me téléphona quelques années plus tard, d'Espagne cette
fois, pour m'annoncer son divorce, une autre fois pour me dire qu'elle
faisait la manche sur les quais du métro de Paris en dansant et chantant le
flamenco vêtue d'une longue robe multicolore et s'accompagnant d'un petit
tambourin.  Quels parisiens ont pu reconnaître sous ce déguisement et dans
cette situation, la fille qui les fit chavirer un jour?
Je ne l'ai plus revue jusqu'à, il y a deux mois, à la terrasse du Bar du
marché. Je ne l'avais pas remarquée et c'est elle qui vint, tout sourire,
nous embrasser Patrice-Flora et moi. Elle nous apprit qu'elle habitait
désormais Bruxelles et y vivait en donnant des cours de yoga! Elle s'absenta
pour aller au toilettes et en revenant, ultime cadeau de Myriam, elle vint
chuchoter à l'oreille de Patrice-Flora: "Vous êtes très belle".
Voilà, chers David et Céline, l'histoire étrange de Myriam qui fit battre
tant de cœurs et qui, pour une raison que j'ignore, n'a jamais voulu céder
aux trompettes de la renommée.

Yves Simon

 

David et Céline vont dans le même bateau

 

Par David Genzel - Publié dans : Culte
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